Escrime
Extraits du Dictionnaire culturel en langue française, Le Robert
ESCRIME n. f. (1534 « art de manier l'épée », Rabelais ; réfection, d'après l'ital. scrima – XIVe s., empr. à l'anc. occitan escrima –, de l'anc. franç. escremie « combat » – d'où en 1409 escrime au sens de « combat » –, du francisque skirmjan « défendre, protéger » – > escarmouche. L'anc. occitan escrimir, escrimeur, de même que l'espagnol esgrimar, sont pris au français).
1. Exercice par lequel on apprend le maniement des armes de duel (fleuret, épée, sabre), et, par ext., d'autres armes blanches (baïonnette, etc.) ; ce maniement, considéré ou non comme un sport. Faire de l'escrime (> ferrailler, tirer). Amateur d'escrime (> bretteur, ferrailleur ; escrimeur, tireur). Leçon, assaut, tournoi d'escrime. Salle d'escrime. Syn. salle d'armes. « Il avait fait de la salle d’armes pendant des années, et il avait des fleurets et des épées. Il imagina de créer pour les jeunes ouvriers de la chocolaterie un cours d’escrime » (Aragon, les Beaux Quartiers). Moniteur d’escrime : maître, prévôt d’armes. Champion, championnat d’escrime. Escrime au fleuret, à l’épée (> épéisme), au sabre (> sabre). […] et pourtant ay-je veu quelqu’un de mes amis, renommé pour grand Maistre en cet exercice, choisir en ses querelles des armes qui luy ostassent le moyen de cet advantage, et lesquelles dépendaient entièrement de la fortune [chance, hasard] et de l’asseurance, afin qu’on n’attribuast sa victoire plustost à son escrime qu’à sa valeur […]
Montaigne, Essais, II, XXVII.
Noms des positions, coups et mouvements en escrime :
appel, attaque, battement, botte, contre, corps-à-corps, coulé, coup (coup d’arrêt, coup droit, coup fourré, coup de pointe, coup de manchette…), coupé, croisé, défense, dégagement, engagement, enveloppement, estocade, feinte, fente, froissement, garde, moulinet, octave, parade, passe, prime, prise de fer, quarte, quinte, remise, riposte, seconde, septime, sixte, taille, temps, tierce, touche, volte.
2. Fig. Joute, lutte d’esprit, de paroles. « [Le syllogisme ] une espèce d’escrime, de gymnastique qui délie l’esprit de ceux qu’on y exerce » (Joseph Joubert, Pensées).